LA RELIGIEUSE de Denis Diderot,
une adaptation de Anne Théron. Comédienne : Marie Laure Crochant.
NOTE ARTISTIQUE :: Dans le texte de Diderot, Suzanne Simonin, bâtarde, est envoyée au
couvent pour expier le péché de sa mère. Celle-ci espère qu'en
contraignant sa fille à mener l'existence cloîtrée d'une
religieuse, elle gagnera le repos éternel qu'elle a perdu en fautant
avec son amant.
Suzanne se débat en vain contre cette injustice, et lutte pour
échapper à la cellule « (...) où les journées se passent à mesurer la
hauteur des murs. »
En vérité, Suzanne est punie d'un état dont elle n'est pas
responsable : sa bâtardise. Elle est non seulement enfermée dans un
couvent mais surtout dans une identité et son destin. C'est
peut-être le pire : être enfermée à l'intérieur de soi-même.
L'histoire de cet enfermement se passe à la fin du 18ème siècle,
dans une institution religieuse, mais a pourtant une résonnance bien
contemporaine. Car si notre époque a développé ses propres
modalités pour circonscrire ses indésirables, la lutte de ceux qui
essaient de s'évader garde la virulence du combat de Suzanne Simonin,
deux siècles auparavant. Parce qu'une cellule restera
toujours une cellule, quel que soit le système qui l'a générée.